Tracassin un livre personnalisé avec votre enfant en héros
Une chambre pleine de paille, un rouet qui file l'or, un nom à deviner
Le meunier se vante que son enfant sait filer la paille en or, et le roi enferme notre héros dans une chambre pleine de paille. Un drôle de petit bonhomme file tout en or, mais la troisième nuit, il réclame l'agneau chéri de l'enfant. Il ne reste plus qu'un moyen de le garder : deviner le nom du petit bonhomme.
Palette de couleurs : spun gold, straw yellow and candlelit tower brown
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Tracassin : l'histoire complète
Il était une fois un meunier qui était pauvre, mais très fier. Un jour qu'il se tenait au bord de la route, devant son moulin, le carrosse du roi passa en cahotant et s'arrêta. Le meunier avait tellement envie de paraître important qu'il s'écria, sans bien savoir ce qu'il disait : « Majesté, ma fille sait filer la paille et en faire de l'or ! »
Or le roi aimait l'or plus que tout au monde. « Voilà un talent qui me plaît beaucoup, dit-il. Si ta fille est aussi habile que tu le dis, amène-la demain au château, et nous verrons bien. »
Le lendemain matin, le roi fit monter la fille du meunier par un escalier en colimaçon jusqu'à une chambre tout en haut de la tour. La paille y était entassée d'un mur à l'autre, et au milieu se trouvaient un rouet de bois et un petit tabouret.
« Mets-toi au travail, dit le roi. Demain matin, toute cette paille doit être filée en or. » Puis il sortit, tourna la grosse clé de fer dans la serrure et la laissa seule.
La pauvre petite s'assit sur le tabouret. Elle ne savait pas du tout filer la paille en or. Personne au monde ne le savait. Elle regarda la paille, la paille la regarda, et pour finir elle se mit à pleurer.
Tout à coup, la porte s'ouvrit en grinçant, et un drôle de petit bonhomme entra, avec une longue barbe et un bonnet pointu.
« Bonsoir, fille du meunier, dit-il. Pourquoi pleures-tu si fort ?
— Je dois filer toute cette paille en or, sanglota-t-elle, et je ne sais pas comment faire.
— Que me donneras-tu, demanda le petit bonhomme, si je la file pour toi ?
— Mon collier », répondit la fillette en lui tendant son petit collier de perles.
Le petit bonhomme prit le collier, s'assit devant le rouet, et vrrr, vrrr, vrrr, trois tours, et la bobine était pleine de fil d'or. Il en mit une autre, et vrrr, vrrr, vrrr, trois tours, et la deuxième était pleine aussi. Il continua ainsi toute la nuit, jusqu'à ce que le dernier brin de paille soit filé et que toute la chambre brille d'or.
Au lever du soleil, le roi ouvrit la porte. En voyant l'or, il fut émerveillé et ravi, mais cela ne fit que lui donner envie d'en avoir davantage. Le soir même, il conduisit la fille du meunier dans une chambre plus grande, où la paille montait encore plus haut, et lui ordonna de tout filer avant le matin.
De nouveau, la fillette s'assit et pleura, et de nouveau la porte s'ouvrit sur le petit bonhomme.
« Que me donneras-tu cette fois, si je file pour toi ?
— La bague que j'ai au doigt », dit la fillette. Le petit bonhomme prit la bague, s'assit au rouet, et vrrr, vrrr, vrrr, au matin toute la paille était devenue de l'or.
Le roi fut plus ravi que jamais, mais il n'en avait toujours pas assez. Le troisième soir, il mena la fillette dans la plus grande chambre de toutes, où la paille touchait presque le plafond. « File encore celle-ci, dit-il, et toi et ton père aurez une maison dans mon château pour toute votre vie. »
Quand elle fut seule, le petit bonhomme vint pour la troisième fois. « Que me donneras-tu maintenant ?
— Je n'ai plus rien à te donner », dit la fillette.
Le petit bonhomme regarda alors le petit agneau blanc qui l'avait suivie depuis le moulin et qui se tenait tout contre elle. « Alors promets-moi ton agneau », dit-il.
La fillette ne savait plus que faire. Elle promit, et le petit bonhomme fila en or la plus grande chambre de toutes.
Au matin, le roi tint parole. La fille du meunier et son père vinrent habiter au château, et le meunier rayonnait de fierté du matin au soir. La fillette eut de beaux habits neufs et une chambre ensoleillée rien qu'à elle, et son agneau trottinait derrière elle partout où elle allait. Les jours passant, elle oublia tout à fait le petit bonhomme.
Mais un beau jour, il était là, debout dans sa chambre. « Maintenant, donne-moi ce que tu m'as promis », dit-il.
La fillette eut très peur. Elle ouvrit un coffre plein des joyaux du château et le poussa vers lui. « Prends tout cela, supplia-t-elle, mais laisse-moi mon agneau.
— Non, dit le petit bonhomme. Un être vivant m'est plus cher que tous les trésors du monde. »
Alors la fillette pleura si fort que le petit bonhomme eut un peu pitié d'elle. « Bon, dit-il. Je te laisse trois jours. Si d'ici là tu devines mon nom, tu garderas ton agneau. »
Toute la nuit, la fillette chercha tous les noms qu'elle avait jamais entendus, et elle envoya un messager à travers le pays pour en rassembler d'autres. Quand le petit bonhomme revint le lendemain, elle commença : « T'appelles-tu Gaspard ? Melchior ? Balthazar ? » Elle lut tous les noms du long rouleau du messager, mais à chacun, le petit bonhomme riait : « Ce n'est pas mon nom ! »
Le deuxième jour, elle essaya les noms les plus bizarres qu'on avait pu trouver. « T'appelles-tu Côte-de-Bœuf ? Ou Gigot-de-Mouton ? Ou Lacet-de-Jambe ? » Mais il riait seulement : « Ce n'est pas mon nom ! »
Le troisième jour, le messager revint en courant. « Je n'ai pas trouvé un seul nom nouveau, raconta-t-il, mais en passant une haute colline au bout de la forêt, là où le renard et le lièvre se souhaitent bonne nuit, j'ai vu une toute petite maison. Devant brûlait un feu, et autour du feu sautait un petit bonhomme ridicule, à cloche-pied, en chantant :
*Aujourd'hui je cuis, demain je brasse,* *après-demain l'agneau vient chez moi, quoi qu'on fasse ;* *personne ne sait, quelle chance, ma foi,* *que Tracassin, c'est moi !* »
Comme la fillette fut heureuse en entendant cela !
Peu après, le petit bonhomme entra. « Eh bien, fille du meunier, comment je m'appelle ?
— T'appelles-tu Conrad ? demanda-t-elle.
— Non.
— T'appelles-tu Henri ?
— Non.
— Alors peut-être, dit-elle en souriant, t'appelles-tu Tracassin ?
— C'est quelqu'un qui te l'a dit ! C'est quelqu'un qui te l'a dit ! » hurla le petit bonhomme, et il frappa du pied droit si fort que son pied passa à travers le plancher. Il tira, il tira, jusqu'à le dégager, puis il sauta sur une grande louche et s'envola par la fenêtre, fou de colère. Et plus personne ne le revit jamais.
Le petit agneau fit un bond de joie, et la fille du meunier agita la main à la fenêtre. Depuis ce jour, ils vécurent heureux ensemble au château, et plus jamais personne ne demanda à qui que ce soit de filer la paille en or.
Rôles pour votre famille
Ajoutez ces personnes au livre : elles joueront ces rôles avec leur propre visage. Toutes les autres personnes que vous ajouterez rejoindront l’histoire telles qu’elles sont, aux côtés du héros.
- Le meunier — convient à : Père, Grand-père, Oncle
- Le roi — convient à : Grand-père, Oncle, Père
- Le messager du roi — convient à : Tante, Oncle, Cousin ou cousine, Ami ou amie, Frère ou sœur
- Le compagnon chéri — convient à : Animal de compagnie